Manifestations en zone anglophone du Cameroun

Rene sadi minatd

Après avoir été à l’écoute des revendications de Bamenda et Buea tout au long des dernières semaines pour mieux négocier le retour à l’ordre et à la paix avec les manifestants, le gouvernement de la République s’est rendu compte qu’il s’agit à présent d’une manipulation à son encontre ; et pour se faire a décidé de d’appliquer la loi.

L’intervention du gouvernement de la République concernant le sujet fâcheux de la zone dite anglophone du Cameroun a montré à suffisance la position actuelle de l’Etat vis-à-vis des personnes auteurs des insurrections dans les villes du Sud-ouest et du Nord-ouest. Il s’agit en grande partie de l’arrêté du Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation qui est revenu sur les textes législatifs mettant en relief les libertés d’association, le maintien de l’ordre, le régime d’organisation des réunions et manifestations, la loi portant répression des actes de terrorisme, celle portant code pénal du Cameroun, celle portant organisation du gouvernement et celle portant formation du gouvernement, pour déclarer que sont nuls et de nul objet pour objets et activités contraires à la constitution et de nature à porter atteinte à la sécurité de l’Etat et à l’intégrité du territoire, à l’unité nationale et à l’intégration nationale les groupements dénommés Southern Cameroon’s Natinal Council (SCNC) et Cameroon Anglophone Civil Society Consortium (CACSC). 

Deux groupements qui sont nés de ces manifestations et qui sont de nature à semer du trouble dans le territoire national ou plutôt à enfreindre la loi. Cette mesure prise par le chef du département de l’Administration territoriale et de la Décentralisation s’applique également sur tout groupement apparenté ou groupe similaire ou toute autre personne s’en réclamant. L’arrêté ministériel rappelle que tout contrevenant à l’application des mesures prises par cette décision sera exposé à des poursuites judiciaires conformément à la législation en vigueur au Cameroun. Plus loin, le Ministre René Emmanuel SADI a interpelé tous ses collaborateurs entre autres les Gouverneurs, les Préfets et les Sous-préfets à veiller personnellement sur l’application de ces textes dans leurs circonscriptions administratives respectives.

Dans la foulée, le Ministre de la Communication revenait sur les propos du Chef de l’Etat au soir du 31 décembre 2016 sur la question de l’unité nationale. L’idée de création d’une « structure nationale dont la mission sera de proposer des solutions pour le maintien de la paix, consolider l’unité et renforcer la pratique quotidienne du vivre ensemble » dont avait parlé le chef de l’Etat a donc été à nouveau citée comme action Etatique pour le mieux être et qui sera implémentée dans le stricte respect de la constitution. En somme, le fédéralisme que réclament les groupements illégaux cités dans l’arrêté du MINATD, est loin de connaitre une effectivité, car « le Cameroun reste un et indivisible », dit le Chef de l’Etat. 

Retour à l’ordre.

Il aura donc fallu que l’Etat passe à cette deuxième phase de gestion de la situation dans ces deux régions pour que tout cesse. En effet depuis la journée du mercredi 18 janvier les activités ont recommencé. Et ce lundi 23 janvier, les cours devraient avoir repris dans ces villes qui se remettent véritablement à vivre après une situation qui n’aura que trop duré. La tâche sera plus lourde côté forces de sécurité et du maintien de l’ordre qui vont désormais traquer les fauteurs de trouble de manière à faciliter le retour définitif des activités dans les deux régions.

On est donc désormais franchi la porte de sortie de ces mouvements qui auront quelque peu mis à mal la stabilité de l’Etat camerounais. Mais selon plusieurs citoyens rencontrés, les revendications de Bamenda et Buea émanent d’une part de la lenteur de l’Etat à appliquer de manière effective la décentralisation et d’autre part du problème anglophone qui date de plusieurs décennies et qui jusqu’ici n’aurait jamais eu de solution escomptée par les ayant-droit. « Le chemin d’une réelle tranquillité et de la paix véritable au Cameroun est encore long et ne finira que lorsque ces deux éléments seront appliqués dans la République. Et là ce sera le début de l’atteinte du bout du tunnel », a martelé un chauffeur de taxi ressortissant de la région du Centre. Il va sans dire que le débat national dont fait allusion plusieurs responsables politiques de l’opposition et des politologues fait également partie des passages indubitables pour une meilleure consolidation de l’unité et de l’intégration nationales. Car, quoique l’on dise, bien que le Cameroun fait partie ces nations africaines toujours félicitées en matière de stabilité, il peut suffire de la moindre faille pour que l’iceberg connaisse des troubles. Une seule goute d’huile n’entache-t-elle pas le linge blanc ? En prenant ces mesures, le gouvernement de la République se doit donc de veiller efficacement à ce que le maintien de la paix, de l’intégrité nationale et de la sécurité des citoyens demeurent son credo.

  • Votre nom : OMBOLO Eric
  • Votre e-mail : omboloe@yahoo.fr

 

 

Paul AMOUGOU BALLA sur

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